Point technique du bâtiment : Tuile canal avec plaque amiante
Dans le cadre d'une expertise immobilière visant à déterminer la valeur d'un bien, nous avons récemment constaté une situation inattendue. Lors de l'acquisition d'une maison il y a plus d'une dizaine d'années, le diagnostic amiante s'est révélé erroné. Le diagnostiqueur n'avait pas identifié la présence de tôles en fibrociment situées sous les tuiles canal. Évidement, 13 ans plus tard, lors de l’expertise, ce point est mis en évidence avec les conséquences économiques que cela suppose.
Il est essentiel de comprendre les différents cas de figure que l'on peut rencontrer lors de l'inspection d'un toit. Voici quatre situations courantes :
Pose de tuiles Canal classique :
C'est la situation la plus valorisante
Les tuiles canal sont traditionnellement posées sur un support de type platelage. Elles se bloquent entre elles par glissement, ce qui facilite leur pose. Cette méthode est idéale pour les toits avec une pente minimale.
À noter qu’elles sont souvent complétées par une génoise de toiture. Il s’agit d’une forme de corniche d’avant-toit qui se voit surtout sur les maisons de la région méditerranéenne. Cet ornement se compose d’une à trois rangées de tuiles-canal, dos vers le haut, jusqu’à 5 rangées pour de rares maisons, posés en encorbellement sur le mur. Selon la méthode de pose, la génoise peut faire partie du toit ou du mur. Mais en général, elle appartient aux deux structures. Elle couronne le mur comme une corniche, mais sa partie supérieure peut servir de support pour le pan versant de toit.

Tuiles Canal avec une plaque en fibrociment sans amiante :
Moins qualitative mais sans danger. Les plaques en fibrociment sont solides et résistent aux chocs, à la grêle, aux pluies battantes. Elles sont légères et idéales pour les charpentes légères. De plus, elles ne contiennent plus d'amiante depuis 1996.

Tuiles Canal avec une sous-face en acier / pvc :
Peu qualitative, mais pas dangereuse. Ce type de couverture était souvent mis en œuvre pour des raisons économiques.

Tôles ondulées contenant de l'amiante :
Présente un risque de dépréciation économique. Les tôles ondulées en amiante ciment étaient couramment utilisées pour les toitures jusqu'à leur interdiction en 1997. En vieillissant, la matière devient friable, se casse et libère des fibres microscopiques d'amiante. Cela présente un risque pour la santé et peut entraîner une dépréciation économique de la propriété.

Petite astuce pour savoir si une plaque de fibrociment contient ou non de l’amiante :
- Cherchez l’indication « NT » pour « new technologie », qui garantit l’absence d’amiante dans la plaque ondulée. Cette indication se trouve sur la face intérieure de la plaque, il peut donc être nécessaire de démonter une plaque pour trouver la marque « NT ».
- Vérifiez la date de fabrication de la plaque. Si elle a été fabriquée après 1997, elle ne contient certainement pas d’amiante. Si la date est antérieure à 1997, contactez l’entreprise indiquée sur la plaque pour obtenir des informations sur la production de l’année indiquée. A noter que la date de 1997 est une référence à l’interdiction de la fabrication et de la vente de produits contenant de l’amiante en France, selon le décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996.
- Si vous ne trouvez ni indication « NT », ni date, la meilleure solution est de faire prélever un échantillon de la plaque par un diagnostiqueur spécialisé et de le faire analyser (prélèvement et à l’analyse d’un échantillon est basé sur la norme NF X 46-020, qui définit les modalités de repérage des matériaux et produits contenant de l’amiante dans les bâtiments).
Ces méthodes vous aideront à déterminer si une plaque ondulée contient de l’amiante et d'envisager ou non des travaux de rénovation.